Art-thérapie

En suivant la trace de son pinceau.

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L’expression picturale

« Les choses peuvent se dire autrement qu’avec les mots »

L’art n’a pas de règle, c’est une manière de se représenter le monde. Il n’est demandé aucune compétence artistique particulière. Le sujet suit la trace qu’il effectue avec son pinceau.

Comme le rêve, porteur du désir du sujet, la création picturale produit ce qui fait resurgir à répétition le trauma, du moins l’écran qui nous l’indique encore derrière. Le fantasme est cet écran qui dissimule quelque chose de tout à fait premier, de déterminant dans la fonction de la répétition.

La personne accompagnée du thérapeute peint de façon spontanée, exprime ses sensations, éveille ses émotions et stimule son imagination. Elle retrouve ainsi son rythme personnel, sa mémoire et le sens de son existence.

Cette approche thérapeutique se fait le plus souvent à la demande de la personne mais le thérapeute peut également proposer cette expression par la peinture pour favoriser l’accès à la parole dans un cadre de psychothérapie.

Les couleurs, expression des affects

« L’affectivité colore la perception, elle la rend plus ou moins importante et charge les divers percepts de valence »[1]

Spitz emploie un mot qui relève du registre de la perception visuelle pour exprimer le rôle de l’affectivité par rapport à la perception : « colore ». Les couleurs sont l’expression propre des émotions fondamentales.

Les affects sont les résultats finaux perçus par des processus de décharge. La réponse par le sourire est l’indicateur affectif de la satisfaction anticipée du besoin, l’indicateur d’une décharge de tension. « Pleurer au départ de son partenaire est l’indicateur affectif de l’anticipation d’une tension croissante ».[2]

[1] SPITZ René A. 1968. De la naissance à la parole. France. PUF. 1973. p.65
[2] SPITZ René A. 1968. De la naissance à la parole. France. PUF. 1973. p.109

Les peurs

La trace et le signifiant

La trace est la marque de l’envers de l’empreinte du réel. Lacan a parlé de Robinson Crusoé et de la trace du pas de Vendredi. Cette trace n’est pas encore un signifiant. Le signifiant ne commence pas à la trace mais à ceci, qu’on efface la trace. « Cependant ce n’est pas la trace effacée qui constitue le signifiant. Ce qui inaugure le signifiant, c’est le fait qu’elle se pose comme pouvant être effacée. Autrement dit, Robinson Crusoé efface la trace du pas de Vendredi, mais que fait-il à la place ? S’il veut la garder, cette place du pied de Vendredi, il fait au minimum une croix, c’est-à-dire une barre et une autre barre sur celle-ci. Et ceci est le signifiant spécifique »[3].

[3] LACAN J., Séminaire VI, Le désir et son interprétation, Lonrai, Seuil, 2013, p.103

L’objet transitionnel

L’objet transitionnel, premier objet trouvé-créé, archéologie de l’œuvre d’art et de la création, qui amène l’enfant à se désillusionner progressivement de son sentiment de toute puissance, à sortir du narcissisme primaire, du principe de plaisir et prendre conscience peu à peu de la réalité extérieure en l’intégrant à sa réalité psychique dans un mouvement oscillatoire métaphoro-métonymique, et en mobilisant les défenses d’idéalisation et de sublimation.

Déplacement et condensation sont ici à l’œuvre.

L’objet transitionnel fait son apparition pendant le stade oral, entre 4 et 12 mois avec les capacités de l’enfant à saisir un objet dans ses mains, puis il est abandonné progressivement au cours du développement au profit d’œuvres culturelles.
L’objet transitionnel est ce que tout le monde connaît sous le nom de « doudou ».

La sublimation par l’art

L’art suppose une modification du principe du plaisir. « L’imagination nécessite un certain abandon de l’omnipotence »[4]. L’artiste doit perdre son caractère égocentrique et intégrer ses propres perceptions de la réalité.

L’art demande à la fois un travail conscient et inconscient que ne comportent ni le rêve, ni la rêverie, ni le jeu. « L’artiste a besoin d’une capacité très spéciale pour regarder et trouver une expression aux conflits les plus profonds, pour traduire le rêve en réalité. Il réalise une réparation durable dans la réalité aussi bien qu’en fantasme. L’œuvre d’art est un don durable au monde, un don qui survit à l’artiste »[5].

[4] SEGAL H. (1993), Rêve, art, phantasme, Paris, Bayard Editions, p.191.
[5] SEGAL H. (1993), Rêve, art, phantasme, Paris, Bayard Editions, p.199.

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